Le saxophoniste ténor/compositeur Ned Otter résume son approche musicale en ces termes :

« Parfois, on fait de la musique et parfois, de la magie... Pour moi, c’est la magie qui compte. »

Dans un domaine où l'aspect économique, les opportunités et la visibilité sont des problèmes notoires pour les artistes, leur talent, leur sens artistique et leur intégrité, même exceptionnels, ne sont pas des garanties de réussites. Fort de ces qualités dont il a à revendre, Ned Otter a pris d'importantes décisions à cet égard.

Il s'est employé à surmonter les problèmes auxquels sont confrontés tous les musiciens sérieux dans cet environnement hostile. Outre ses études et ses années d'apprentissage auprès de maîtres tels que Dizzy Gillespie, Clark Terry, Cedar Walton, Red Rodney, Shirley Scott et, surtout, son mentor, modèle et associé de longue date, George Coleman, Ned Otter a acquis parallèlement des compétences en informatique et un sens pointu des affaires.

En janvier 2000, il a fondé la maison de disques Two and Four et a ensuite mis sur pied Essential Arts Concepts, Inc., une organisation à but non lucratif ayant pour vocation de sensibiliser davantage le public au jazz et de développer les opportunités offertes aux musiciens de jazz pour jouer et pour enregistrer.

N. Otter s'est également entouré d'une équipe de professionnels de premier plan tant dans le domaines des affaires que dans celui de la musique avec, notamment, des musiciens tels que George Coleman, Ahmad Jamal, Harold Mabern, Jamil Nasser, Gary Smulyan et quelques-uns des meilleurs talents en gestion, développement, financement et questions légales dans le monde du jazz et des arts.

Le premier CD de Two and Four, Danger High Voltage, est un album du New Octet de George Coleman qui mérite bien son nom. Le deuxième CD, So Little Time, sous son nom, réunit George Coleman dans trois morceaux, Tom Kirkpatrick à la trompette et la superbe section rythmique avec Mabern, au piano, Daniel Vitale à la basse et le grand Billy Higgins à la batterie. Le dernier album de Ned Otter, The Secrets Inside, démontre ses remarquables talents d'arrangeur et de compositeur dans deux longues suites pour cinq instruments à vent et une section rythmique. The Secrets Inside, titre de l'album, et Nothin' But The Blues sont des morceaux originaux, les autres sélections étant des morceaux rarement joués comme des chansons de Nat Cole et une composition de H. Mabern, Waltzing Westward. L'ensemble est composé de H. Mabern au piano, de Jamil Nasser à la basse, de G. Smulyan au baryton, de Zaid Nasser à l'alto, de Jim Rotondi à la trompette, de Mark Taylor à la batterie, de Daniel Sadownick à la percussion et d'Adam Brenner au ténor aux côtés de Ned Otter.

Originaire de New York, Ned Otter s'intéresse d'abord à la musique en écoutant les disques de ses parents. Il se tourne ensuite vers le jazz à l'âge de neuf ans, après avoir entendu l'orchestre du lycée de son frère interpréter le grand succès de Dave Brubeck, Take Five. À l'âge de onze ans, il commence à étudier le saxophone alto, puis passe au ténor cinq ans plus tard lorsqu'il commence à étudier sérieusement l'art de l'improvisation. À la fin de ses études au prestigieux lycée de New York spécialisé dans les disciplines artistiques, Ned Otter établit une longue et riche relation avec George Coleman et étudie avec le légendaire saxophoniste ténor pendant cinq ans.

Pendant les années 1970, Ned Otter joue avec le fameux trompettiste de bebop, Red Rodney dans les environs de New York. En 1981, il parcourt l'Europe et les États-Unis avec l'orchestre du grand trompettiste Clark Terry. Il rejoint ensuite l'Octet de Coleman en 1987. Il fait une pause en 1988, puis repart pour les États-Unis et l'Europe, cette fois avec l'immortel orchestre de Dizzy Gillespie ainsi qu'un autre ténor de premier plan, Sam Rivers, et des musiciens tels que Jon Faddis, James Williams et Jerry Dodgion. Durant les années 1990, Ned Otter se produit aux États-Unis et en Europe avec de grands musiciens tels que Cedar Walton, Shirley Scott et Junior Cook, ainsi qu'avec ses propres groupes.

Parmi les autres influences en jazz figurent Charlie Parker, Sonny Rollins, Kenny Dorham, Hank Mobley et « quiconque qui est créatif et prend des risques ».

En dehors du jazz, il aime la « musique acoustique, bien enregistrée », spécialement Debussy et Brahms, ainsi que les frères Assad. Il applique les techniques du saxophoniste français de musique classique, Marcel Mule, au langage du jazz. Mais c'est sa relation avec George Coleman qui, jusqu'à ce jour, a le plus marqué ces vingt-cinq dernières années.

« Au fil des ans, j'ai, de toute évidence, passé beaucoup de temps à écouter George Coleman et à discuter avec lui. J'ai eu l'immense chance d'être au bon endroit pour le faire. »

La vision musicale de Ned Otter la mieux décrite l'est en ses termes :

« Quand je joue, je cherche à accomplir deux choses : avoir toutes les ressources harmoniques à ma disposition et, en même temps, jouer le plus mélodiquement possible. J'ai appris, au cours des années, à remplir une barre de mesures avec une multitude de notes, que je peux justifier théoriquement, mais cela doit être qu'un seul aspect. Jouer mélodiquement, développer une ligne horizontale, c'est un défi qu'un grand nombre de jeunes musiciens tendent à éviter. Ils préfèrent vous éblouir avec des progressions harmoniques qu'ils ont travaillées, ce qui est bien, aussi. Mais moi, je suis à la recherche d'autre chose, je veux jouer le plus mélodiquement possible.»

Armé d'un label, d'un site Internet, d'une entité d'entreprise et d'un réseau de personnes, d'organisations et d'organismes gouvernementaux aux États-Unis et à l'étranger, Ned Otter se prépare à partir en tournée aux États-Unis, en Europe et en Asie. Ce travail de préparation et de planification prenant forme, il est prêt à poursuivre résolument ses propres objectifs les plus nobles ainsi que ceux des autres artistes.